L’Enseignement Assisté par Ordinateur (EAO)

Le/La DRH du futur

Fabien FENOUILLET
Professeur de psychologie cognitive à Nanterre

Anne GRILLON explique que les collectivités évoluent dans un environnement qui engage à développer les compétences en privilégiant une approche plus personnalisée. Pour développer de nouvelles compétences, on peut prendre appui sur les NTIC de plus en plus présentes dans le monde de l’apprentissage. Comment apprendre avec un ordinateur ?

Le monde des technologies permettant d’apprendre est de plus en plus vaste

La première machine à apprendre date de 1954. Depuis, de nouvelles utilisations ont émergé : classes connectées, systèmes virtuels, QCM en ligne. Le monde des technologies permettant d’apprendre est de plus en plus vaste. Des contenus riches et interactifs sont aujourd’hui disponibles corrélés à des systèmes d’intelligence embarqués à savoir les tutoriels qui miment un enseignant et guident les apprenants.

Grâce à la méthode des unités d’écart types, il est possible de comparer l’enseignement assisté par ordinateur et celui en présentiel. Systématiquement l’EAO et ses différents avatars permettent d’observer un gain d’apprentissage. Les objectifs d’apprentissage sont atteints 13 fois plus vite qu’en présentiel.

Les 3 atouts de l’EAO :

S’adapter spécifiquement à chaque individu

L’individu est seul avec l’ordinateur alors que dans un amphithéâtre le contenu est le même pour tous. Le contenu est ainsi spécifiquement adapté à chaque individu. Une des grandes forces de l’ordinateur est qu’il ne délivre pas un message massif, sauf les MOOC. Chaque parcours peut être individualisé et ajusté aux capacités de chacun.

L’interactivité

Elle peut certes exister en salle mais les élèves doivent demander la parole. Les interactions sont bien moins nombreuses que lorsque l’élève est seul. Cela permet d’avancer plus vite. Le tutorat ainsi est bien adapté aux demandes de l’individu. Internet a bousculé la donne en permettant l’interaction avec l’ordinateur et avec tous ceux qui sont connectés, ce qui en démultiplie le potentiel.

La délocalisation de l’apprentissage

Des technologies accessibles tels que les téléphones qui permettent de se former en tout temps et en tous lieux et font exploser l’offre potentielle de formation. Cela a démarré avec l’e-learning, puis les MOOC et les serious games en détournant les techniques de jeu vidéo au profit de l’apprentissage.

L’objectif des MOOC est d’ouvrir massivement à la connaissance

Au niveau technologique, les MOOC (massive open online courses) sont semblables mais la philosophie est différente. Ses caractéristiques sont : distance, flexibilité, asynchrone et gratuité (la certification peut néanmoins être payante). L’analyse des statistiques indique que très peu de personnes se connectent plus d’une vingtaine de fois. L’individu est libre de prendre les connaissances dont il a besoin, il peut faire son choix. La logique d’internet est de permettre de tout apprendre. 2 questions néanmoins restent en suspens : pour qui ? Quels contenus sont valables ? Les expertises très pointues sont en revanche beaucoup plus difficiles d’accès. L’ e-learning mixé avec le présentiel, le blendedlearning, est aussi efficace.

La question de la motivation et la compréhension des mécanismes d’apprentissage des utilisateurs sont centrales

Les démarches de “ludification” où l’on récompense les utilisateurs se développent. Des recherches ont été engagées sur l’utilisation de la WII dans un processus de rééducation motrice. Les individus qui l’ont utilisée sont plus motivés à faire des mouvements par eux-mêmes. Dans une démarche pédagogique classique les apprenants n’ont pas de liberté, aucune initiative n’est possible. Les motivations auto déterminées, autrement dit celles qui sont sensibles aux contraintes, disparaissent si elles sont trop fortes. Ces nouvelles modalités d’apprentissage favorisent l’émergence de ces motivations. Il faut lâcher le contrôle pour que l’individu dispose de l’autonomie nécessaire.

Apprendre seuls ou ensemble ? Cela dépend de la représentation qu’en ont les individus qui sont plus ou moins enclins à apprendre seuls. Les pays scandinaves ont développé des dispositifs pédagogiques différents des nôtres.

Xavier OLIEL
Directeur Talent Solutions Linkedin France

50 000 entreprises dans le monde utilisent Linkedin pour faire face à leurs problématiques de recrutement afin de répondre aux 4 objectifs suivants : réduire les couts, élargir le vivier, aller plus vite, promouvoir la marque employeur. Linkedin est une société américaine, créée en 2003, dont l’ambition est de connecter les professionnels du monde entier afin de les aider dans leur carrière. 450 millions de personnes dans le monde ont un profil dont 12 millions en France. Parmi les participants à ce colloque, plus de 100 sont sur Linkedin. Gildas est le plus connecté, son réseau est le plus étendu et le plus ancien. Eric est très populaire, il est celui qui, ces 12 derniers jours, a eu le plus de visites, Linkedin lui permet de partager du contenu, notamment des offres d’emploi.

Notre ambition est de connecter les professionnels à des opportunités. La 1ère activité d’un utilisateur est de regarder le profil d’autres personnes, de s’informer (1ère plate forme de contenu professionnel au monde), de monter en compétences (solutions de formation) et de faire progresser sa carrière.

Carlos Goshn a un profil sur Linkedin. 748 726 personnes le voient dès qu’il poste un sujet, c’est un ambassadeur du groupe Renault. Un matching (calcul) est réalisé entre une offre et les compétences de ceux qui regardent. Son enjeu est d’attirer les talents, les ingénieurs français sont moins de 7% à souhaiter démarrer leur carrière dans le secteur automobile, en raison du manque d’innovation et de gestion en mode projet.

Une organisation doit se mettre dans la peau des candidats. A titre d’illustration pour accéder aux offres d’emploi de la ville de Paris, il faut faire 12 clics pour arriver sur une liste de postes qui ne correspondent pas au profil ! Les employeurs doivent comprendre ce qu’attendent les candidats pour les attirer au sein des collectivités.

Ce qui est unique avec Linkedin ce sont les informations d’affinités, 86% des recruteurs estiment que la cooptation est la meilleure forme de recrutement. Les followers qui suivent l’activité d’une organisation sont davantage enclins à intégrer cette organisation. Le candidat a accès aux informations concernant un employeur avant même le 1er RDV, c’est important d’être présent dans son parcours. Les recruteurs se concentrent trop souvent sur des candidats actifs alors que la majorité d’entre eux sont passifs.

Nombre d’informations sont disponibles grâce au graph économique. A titre d’illustration, la Région Auvergne Rhône-Alpes peut accéder aux informations nécessaires pour connaître le marché des professionnels et optimiser les stratégies de recrutement : 525 000 lyonnais ont un profil Linkedin et travaillent dans 54 000 entreprises, 28% ont été recrutés sur un profil de social média marketing. Linkedin permet de calculer des flux comme le nombre de personnes qui ont obtenu leur diplôme et qui on trouvé du travail sur le territoire ou ailleurs. Possibilité également de calculer pour une collectivité les compétences qui sont perdues. Linkedin connaît une large démocratisation des usagers, tous types de profils sont aujourd’hui accessibles.