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	<title>Association des DRH des grandes collectivit&#233;s</title>
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		<title>La Direction des ressources humaines au coeur du travail</title>
		<link>https://www.drh-grandes-collectivites.fr/La-Direction-des-ressources-humaines-au-coeur-du-travail</link>
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		<dc:date>2019-10-01T21:50:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>

		<description>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;INTRODUCTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir remerci&#233; les nombreux participants &#224; ce deuxi&#232;me colloque organis&#233; par l'Association des DRH des Grandes Collectivit&#233;s Territoriales, Val&#233;rie CHATEL, pr&#233;sidente, rappelle que, dans la fonction publique comme dans le secteur priv&#233;, le travail est un sujet de r&#233;flexion partag&#233; entre les DRH et les cadres : tous contribuent &#224; sa bonne organisation et sont responsables de ses conditions de r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le travail redevient un sujet de r&#233;flexion, c'est parce qu'il subit des transformations importantes : il se d&#233;mat&#233;rialise, s'acc&#233;l&#232;re, il est plus complexe, moins d&#233;fini et n&#233;cessite, en particulier dans le service public, des comportements sinon nouveaux, au moins diff&#233;rents de ce qui &#233;tait jusqu'alors attendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le travail devient, comme aujourd'hui, instable, qu'il subit des changements permanents, il faut s'adapter. Or les r&#232;gles statutaires n'apportent pas toutes les r&#233;ponses aux besoins d'un cadre commun. Les DRH doivent donc r&#233;fl&#233;chir &#224; des rep&#232;res nouveaux pour que le travail s'organise dans ce contexte. Pour se pr&#233;parer &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
ces modifications profondes, il faut non seulement analyser les changements sociaux qui se produisent mais aussi imaginer ce que deviendra le travail de demain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;bat d'aujourd'hui est donc important car il vise &#224; confronter les points de vue des DRH &#224; ceux des universitaires et des dirigeants des collectivit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Val&#233;rie CHATEL remercie d'une part Anne Grillon qui est le chef d'orchestre de cette journ&#233;e, d'autre part les intervenants qui vont apporter leur contribution tout au long de la journ&#233;e. Enfin elle remercie tous ceux qui se sont d&#233;plac&#233;s pour conna&#238;tre le travail de l'Association des DRH des Grandes Collectivit&#233;s Territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'introduire les travaux de la matin&#233;e, Anne Grillon pr&#233;cise qu'alors que les d&#233;bats portent sur les d&#233;penses de personnel, il est d'autant plus n&#233;cessaire de s'int&#233;resser &#224; l'organisation du travail. C'est l'essentiel de la mission d'une Direction des Ressources Humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#201;INVENTER LA RELATION DU SERVICE PUBLIC&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Intervention de Francis GINSBOURGER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, les salari&#233;s ont plut&#244;t envie de bien faire leur travail. L'expert doit donc s'int&#233;resser au pouvoir comme autorit&#233; et donc au pouvoir hi&#233;rarchique. On oublie souvent que les services publics sont d'abord des institutions avant d'&#234;tre des prestataires de services. Ce sont des institutions prescriptives c'est-&#224;-dire qu'elles r&#233;pondent &#224; des attentes et non &#224; des besoins ; or ces institutions qui d&#233;finissent la demande sont aussi des organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les services publics sont le miroir grossissant d'un profond changement de soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est apparu dans les ann&#233;es 2000 comme des actes incivils (des clients agressifs ou bien des usagers qui ne savent ou ne peuvent pas expliciter leur attente) face &#224; des fonctionnaires d&#233;nigr&#233;s et d&#233;consid&#233;r&#233;s au point que le terme devienne franchement p&#233;joratif, a chang&#233; &#224; l'&#233;chelle des ann&#233;es 2010. La conflictualit&#233; des relations de service public signale simplement l'&#233;puisement d'un r&#233;gime institutionnel qui exclut les usagers de la conception des services qui leur sont rendus. Il faut donc rel&#233;gitimer l'autorit&#233; de prescription qu'est l'institution publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Des usagers exclus du service public &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irruption de l'usager en personne implique que les publics sont d&#233;sormais &#224; conna&#238;tre ; les besoins ne vont plus de soi, si bien que la prescription des institutions est &#224; faire &#233;voluer en repartant d'une expression organis&#233;e des attentes. Des lors que ces questions ne sont pas prises &#224; bras-le-corps et arbitr&#233;es par les institutions et la hi&#233;rarchie, des dilemmes sont support&#233;s par les agents de base et par l'encadrement de proximit&#233; dans l'activit&#233; de tous les jours, jusqu'&#224; la rendre parfois intenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique marchande est en effet loin d'avoir envahi le fonctionnement de nos services publics. Les fonctionnements organisationnels sont en effet plus contraints par des imp&#233;ratifs de productivit&#233; plut&#244;t que par des exigences de rentabilit&#233;. Les services publics ne sont pas des prestataires marchands. Leur offre n'est pas une r&#233;ponse &#224; des demandes pr&#233;existantes, solvables et encore moins profitables. Ce sont d'abord des institutions. &#192; ce titre ils expriment une l&#233;gitimit&#233;, affirment une autonomie et exercent un r&#244;le d'&#233;ducation du public. Ainsi pour l'enseignant, alors qu'il a &#233;t&#233; form&#233; pour d&#233;livrer un programme dans une discipline, il doit aujourd'hui consacrer une &#233;nergie croissante &#224; des ajustements mutuels avec des &#233;l&#232;ves de classes et de milieux sociaux vari&#233;s. Il faut donc qu'il rende ses &#233;l&#232;ves acteurs de la prescription.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;3 r&#233;gimes de professionnalit&#233; &#224; consid&#233;rer&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En adaptant librement une typologie &#233;labor&#233;e par le sociologue Yves LICHTENBERGER, on peut d&#233;gager 3 r&#233;gimes de professionnalit&#233; : le m&#233;tier (la profession, le corps) l'industrie et le service. &#192; chaque r&#233;gime correspondent un r&#233;gime d'activit&#233; et un mode d'interaction avec les coll&#232;gues du m&#233;tier ainsi qu'avec la hi&#233;rarchie ou avec le client usager. Ainsi les gens de m&#233;tier ou de profession, dont la professionnalit&#233; se transmet du compagnon &#224; l'apprenti, se juxtaposent en vue de la r&#233;alisation d'une oeuvre faite sur commande pour un client. Leurs interactions ob&#233;issent &#224; des r&#232;gles de m&#233;tier qui d&#233;limitent les responsabilit&#233;s entre gens de m&#233;tier, entre diff&#233;rents m&#233;tiers, et avec des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un r&#233;gime de type industriel, la professionnalit&#233; s'acquiert en formation, en salle de classe et en stage. La responsabilit&#233; du travailleur de base se limite &#224; bien tenir un poste pr&#233;d&#233;fini. L'organisation et la hi&#233;rarchie coordonnent donc la conception et la r&#233;alisation de biens ou de services con&#231;us en s&#233;rie pour un client ou un march&#233; anonyme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Un r&#233;gime coop&#233;ratif en &#233;mergence&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le r&#233;gime du service, l'activit&#233; est orient&#233;e client. Elle est d&#233;pendante d'attentes sp&#233;cifiques auxquelles r&#233;pond une innovation continue. L'organisation collective se reconfigure donc en permanence. Les r&#244;les de chacun sont pr&#233;d&#233;finis au cours d'interactions qui ne se reproduisent jamais &#224; l'identique, ce qui implique une prise de responsabilit&#233; de chacun dans la gestion de ses interfaces. Ce r&#233;gime est donc coop&#233;ratif et la professionnalit&#233;, source de valeur, s'exprime collectivement en situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre de questions d&#233;j&#224; pr&#233;sentes dans les entreprises de services des ann&#233;es 1980, se posent d&#233;sormais &#224; grande &#233;chelle dans les services publics des ann&#233;es 2010 : quel est le r&#244;le de la hi&#233;rarchie ? Faut-il coordonner et contr&#244;ler ou bien aider &#224; coop&#233;rer et faire remonter les probl&#232;mes r&#233;currents ? Comment et par qui les demandes des clients et les probl&#232;mes de la client&#232;le sont-ils connus, traduits et &#171; remont&#233;s &#187; vers la conception de l'offre de services ? C'est pourquoi la conflictualit&#233; qui s'exprime dans les tensions binaires, par exemple entre client et fonctionnaire, ou entre un fonctionnaire et sa hi&#233;rarchie n'est que la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des tensions moins visibles tiraillent les relations entre coll&#232;gues, entre m&#233;tiers, entre les agents de base et leur hi&#233;rarchie, entre ceux qui sont sur le terrain et ceux du back-office, entre les administrations centrales et leurs &#233;chelons interm&#233;diaires. Et ces interactions entre coll&#232;gues et entre m&#233;tiers restent dans un r&#233;gime au mieux de collaboration ou coordination et ne sont pas dans un r&#233;gime de coop&#233;ration. Il est donc essentiel de conna&#238;tre le public et on ne peut que s'&#233;tonner de constater &#224; quel point les connaissances sur les publics, leurs usages et leurs attentes sont fragmentaires et peu &#233;labor&#233;es. Conna&#238;tre le public est aujourd'hui une exigence premi&#232;re de l'activit&#233;. Par exemple s'agissant du service public faut-il reconna&#238;tre les besoins ? Faut-il rendre l'usager prescripteur ? Ou faut-il faire respecter l'autorit&#233; de prescription du service public ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Reconsid&#233;rer l'&#233;valuation&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion est devenue si galvaud&#233;e que l'on ne sait ce qu'elle vise, comp&#233;tence des agents, ce qu'elle veut &#233;clairer (le pass&#233;, le pr&#233;sent, o&#249; le futur), qui elle est cens&#233;e renseigner (pilotage de l'action ?), quelles sont les qualit&#233;s &#224; &#233;valuer, quelles valeurs la sous-tendent : respect des droits, &#233;galit&#233; des chances, coh&#233;sion sociale, d&#233;veloppement soutenable ? Les crit&#232;res d'&#233;valuation doivent &#234;tre enrichis. Les plus courants sont l'efficacit&#233; (rapport entre des r&#233;sultats et des objectifs) et l'efficience (rapport entre les r&#233;sultats et les ressources engag&#233;es pour les obtenir). &#201;valuer l'effectivit&#233; c'est produire des connaissances qui ne permettent pas seulement de rendre compte du bas vers le haut, mais aussi de rendre compte &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion Francis GINSBOURGER insiste sur le fait que les connaissances produites par des &#233;lus ou des experts ne remplaceront jamais la production d'une expertise interne des services publics et de leurs agents, &#224; propos de ce public auquel il s'agit de rendre service. De la m&#234;me fa&#231;on, les &#233;valuations ponctuelles ne remplaceront jamais la pratique quotidienne de l'expression en situation et de la d&#233;lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;En guise de conclusion...&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Val&#233;rie CHATEL insiste sur le fait que la mission essentielle de la DRH est de faire remonter les probl&#232;mes de l'organisation. Il faut donc qu'elle s'attache &#224; &#171; factualiser &#187; les r&#244;les d&#233;crits par Francis GINSBOURGER. Les organisations modernes sont plus complexes, voire plus ambigu&#235;s, notamment en raison de l'existence de plusieurs responsables hi&#233;rarchiques. Il faut donc un ordre, une organisation hi&#233;rarchique facile &#224; comprendre et la grande question reste celle des modalit&#233;s qu'il faut mettre en place pour coop&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Grillon observe que la fonction du m&#233;tier est de permettre &#224; la personne d'exister en personne au travail et de faire du travail son travail. Les agents, notamment des administrations, ne sont pas consid&#233;r&#233;s comme professionnels. Il faut remettre en valeur la qualit&#233; de professionnel et travailler sur les modalit&#233;s selon lesquelles ils participent &#224; la d&#233;finition du besoin de l'usager. Or, comme l'observe Val&#233;rie CHATEL, la demande sociale est infinie, il est donc absolument n&#233;cessaire que les arbitrages soient faits &#224; l'&#233;chelon politique car l'absence de cet arbitrage entra&#238;ne des difficult&#233;s qui se r&#233;percutent dans l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;PR&#201;SENTATION DE L'&#201;TUDE &#171; DANS LA PEAU DES AGENTS TERRITORIAUX &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Intervention de J&#233;r&#244;me GROLLEAU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Grolleau pr&#233;cise qu'il s'agit d'une &#233;tude qualitative et que ce n'est donc pas un sondage pour lequel on interroge un grand nombre de personnes. Un petit nombre de personnes ont &#233;t&#233; interview&#233;es sous la forme d'une discussion visant &#224; explorer les mani&#232;res de ressentir et de penser des individus. Ceux-ci ont &#233;t&#233; questionn&#233;s sur leur parcours, leur m&#233;tier, leur univers de travail, ce qui motive, ce qui d&#233;motive, le management, leur perception des &#233;lus, de la d&#233;centralisation et l'avenir de la fonction publique territoriale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette &#233;tude, on peut tirer trois constats :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1/ Les agents territoriaux donnent un sens fort &#224; leur mission qui fonde leur identit&#233; et leur fiert&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception sans cesse renouvel&#233;e du service public s'explique par 4 notions- clefs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La relation &#224; travers laquelle le service est rendu et le sens de la mission ressenti.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La personne : les agents territoriaux s'occupent d'une personne, ils ne traitent pas un dossier. Cette personne est singuli&#232;re et a une histoire. Ce n'est pas un individu abstrait et anonyme.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le qualitatif : l'&#233;coute, l'attention, le temps pass&#233;, l'empathie, la capacit&#233; &#224; trouver des solutions sont des valeurs professionnelles d&#233;terminantes qui s'opposent &#224; la logique de rentabilit&#233; du priv&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La m&#233;diation qui est la posture centrale. Il ne s'agit pas d'appliquer des r&#232;gles mais de chercher des marges de man&#339;uvre au sein m&#234;me des r&#232;gles. Ce sens est tr&#232;s fort et fait la fiert&#233; des agents territoriaux qui trouvent une reconnaissance de leur travail dans leurs relations avec l'habitant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2/ Une certaine fragilit&#233; de cette situation dans le sens o&#249; les agents &#233;laborent ce discours et ces valeurs &#224; l'&#233;cart du discours institutionnel.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence &#224; une strat&#233;gie politique locale est rare. Il y a peu de lien entre leur travail quotidien et la strat&#233;gie collective port&#233;e par les &#233;lus. Outre cet &#233;cart, les agents d&#233;noncent le syst&#232;me manag&#233;rial qui n'est pas suffisamment en situation de jouer son r&#244;le. Ils notent un d&#233;ficit de r&#233;activit&#233; d&#251; au fait que tout est hyper-centralis&#233;. Les agents se sentent pris dans un syst&#232;me qui ne soutient pas, qui ne dynamise pas leur implication mais qui au contraire cr&#233;e structurellement un risque de d&#233;motivation. Cette paralysie manag&#233;riale se caract&#233;rise par un quadruple d&#233;ficit : outre le d&#233;ficit de r&#233;activit&#233;, un d&#233;ficit de lisibilit&#233; (communication interne...), et&lt;br class='autobr' /&gt;
un d&#233;ficit en m&#234;me temps d'autorit&#233; et de reconnaissance. Le manager n'est pas en mesure de sanctionner positivement comme n&#233;gativement les agents plac&#233;s sous son autorit&#233;. En outre, les supports de reconnaissance sont sap&#233;s, en ce que le r&#233;gime indemnitaire n'ob&#233;it pour eux &#224; aucune r&#232;gle claire et en ce que les abus de certains membres du personnel ne sont pas sanctionn&#233;s, ce qui produit un puissant sentiment d'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3/ A partir de ces constats, quels sont les chantiers &#224; mener &#224; bien dans les ann&#233;es &#224; venir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; D'abord celui de la r&#233;activit&#233;, il faut parvenir &#224; faire bouger les organisations pour qu'elles prennent en compte les remont&#233;es d'information. Il faut aussi simplifier les proc&#233;dures.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Il faut mettre en place une dynamique de projet et redonner aux managers la capacit&#233; d'impulser, de fixer des objectifs et de r&#233;activer le sens que les agents donnent &#224; leur travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Il faut repenser les modalit&#233;s de la reconnaissance, le r&#233;gime indemnitaire certes mais aussi les reconnaissances non mon&#233;taires qui permettent de repositionner le salari&#233; comme un acteur qui contribue &#224; la conception du service public.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Enfin il est n&#233;cessaire de consid&#233;rer que la coop&#233;ration est un &#233;l&#233;ment cl&#233; pour le salari&#233; et pour l'organisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut remettre l'agent au c&#339;ur du dispositif comme acteur &#224; part enti&#232;re, en renfor&#231;ant les liens entre manager et agent par des moments d&#233;-hi&#233;rarchis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, l'enjeu est de construire un mod&#232;le manag&#233;rial de la fonction publique territoriale, tenant compte de l'activit&#233; de service public qui est produite et qui doit se distinguer du secteur priv&#233;. Le travail reste un lieu central dans un projet de r&#233;alisation de soi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		

-
&lt;a href="https://www.drh-grandes-collectivites.fr/-2013-" rel="directory"&gt;2013 - La DRH face aux grandes mutations du travail&lt;/a&gt;


		</description>
		

 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;INTRODUCTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir remerci&#233; les nombreux participants &#224; ce deuxi&#232;me colloque organis&#233; par l'Association des DRH des Grandes Collectivit&#233;s Territoriales, Val&#233;rie CHATEL, pr&#233;sidente, rappelle que, dans la fonction publique comme dans le secteur priv&#233;, le travail est un sujet de r&#233;flexion partag&#233; entre les DRH et les cadres : tous contribuent &#224; sa bonne organisation et sont responsables de ses conditions de r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le travail redevient un sujet de r&#233;flexion, c'est parce qu'il subit des transformations importantes : il se d&#233;mat&#233;rialise, s'acc&#233;l&#232;re, il est plus complexe, moins d&#233;fini et n&#233;cessite, en particulier dans le service public, des comportements sinon nouveaux, au moins diff&#233;rents de ce qui &#233;tait jusqu'alors attendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le travail devient, comme aujourd'hui, instable, qu'il subit des changements permanents, il faut s'adapter. Or les r&#232;gles statutaires n'apportent pas toutes les r&#233;ponses aux besoins d'un cadre commun. Les DRH doivent donc r&#233;fl&#233;chir &#224; des rep&#232;res nouveaux pour que le travail s'organise dans ce contexte. Pour se pr&#233;parer &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
ces modifications profondes, il faut non seulement analyser les changements sociaux qui se produisent mais aussi imaginer ce que deviendra le travail de demain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;bat d'aujourd'hui est donc important car il vise &#224; confronter les points de vue des DRH &#224; ceux des universitaires et des dirigeants des collectivit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Val&#233;rie CHATEL remercie d'une part Anne Grillon qui est le chef d'orchestre de cette journ&#233;e, d'autre part les intervenants qui vont apporter leur contribution tout au long de la journ&#233;e. Enfin elle remercie tous ceux qui se sont d&#233;plac&#233;s pour conna&#238;tre le travail de l'Association des DRH des Grandes Collectivit&#233;s Territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'introduire les travaux de la matin&#233;e, Anne Grillon pr&#233;cise qu'alors que les d&#233;bats portent sur les d&#233;penses de personnel, il est d'autant plus n&#233;cessaire de s'int&#233;resser &#224; l'organisation du travail. C'est l'essentiel de la mission d'une Direction des Ressources Humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#201;INVENTER LA RELATION DU SERVICE PUBLIC&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Intervention de Francis GINSBOURGER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, les salari&#233;s ont plut&#244;t envie de bien faire leur travail. L'expert doit donc s'int&#233;resser au pouvoir comme autorit&#233; et donc au pouvoir hi&#233;rarchique. On oublie souvent que les services publics sont d'abord des institutions avant d'&#234;tre des prestataires de services. Ce sont des institutions prescriptives c'est-&#224;-dire qu'elles r&#233;pondent &#224; des attentes et non &#224; des besoins ; or ces institutions qui d&#233;finissent la demande sont aussi des organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les services publics sont le miroir grossissant d'un profond changement de soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est apparu dans les ann&#233;es 2000 comme des actes incivils (des clients agressifs ou bien des usagers qui ne savent ou ne peuvent pas expliciter leur attente) face &#224; des fonctionnaires d&#233;nigr&#233;s et d&#233;consid&#233;r&#233;s au point que le terme devienne franchement p&#233;joratif, a chang&#233; &#224; l'&#233;chelle des ann&#233;es 2010. La conflictualit&#233; des relations de service public signale simplement l'&#233;puisement d'un r&#233;gime institutionnel qui exclut les usagers de la conception des services qui leur sont rendus. Il faut donc rel&#233;gitimer l'autorit&#233; de prescription qu'est l'institution publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Des usagers exclus du service public &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irruption de l'usager en personne implique que les publics sont d&#233;sormais &#224; conna&#238;tre ; les besoins ne vont plus de soi, si bien que la prescription des institutions est &#224; faire &#233;voluer en repartant d'une expression organis&#233;e des attentes. Des lors que ces questions ne sont pas prises &#224; bras-le-corps et arbitr&#233;es par les institutions et la hi&#233;rarchie, des dilemmes sont support&#233;s par les agents de base et par l'encadrement de proximit&#233; dans l'activit&#233; de tous les jours, jusqu'&#224; la rendre parfois intenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique marchande est en effet loin d'avoir envahi le fonctionnement de nos services publics. Les fonctionnements organisationnels sont en effet plus contraints par des imp&#233;ratifs de productivit&#233; plut&#244;t que par des exigences de rentabilit&#233;. Les services publics ne sont pas des prestataires marchands. Leur offre n'est pas une r&#233;ponse &#224; des demandes pr&#233;existantes, solvables et encore moins profitables. Ce sont d'abord des institutions. &#192; ce titre ils expriment une l&#233;gitimit&#233;, affirment une autonomie et exercent un r&#244;le d'&#233;ducation du public. Ainsi pour l'enseignant, alors qu'il a &#233;t&#233; form&#233; pour d&#233;livrer un programme dans une discipline, il doit aujourd'hui consacrer une &#233;nergie croissante &#224; des ajustements mutuels avec des &#233;l&#232;ves de classes et de milieux sociaux vari&#233;s. Il faut donc qu'il rende ses &#233;l&#232;ves acteurs de la prescription.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;3 r&#233;gimes de professionnalit&#233; &#224; consid&#233;rer&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En adaptant librement une typologie &#233;labor&#233;e par le sociologue Yves LICHTENBERGER, on peut d&#233;gager 3 r&#233;gimes de professionnalit&#233; : le m&#233;tier (la profession, le corps) l'industrie et le service. &#192; chaque r&#233;gime correspondent un r&#233;gime d'activit&#233; et un mode d'interaction avec les coll&#232;gues du m&#233;tier ainsi qu'avec la hi&#233;rarchie ou avec le client usager. Ainsi les gens de m&#233;tier ou de profession, dont la professionnalit&#233; se transmet du compagnon &#224; l'apprenti, se juxtaposent en vue de la r&#233;alisation d'une oeuvre faite sur commande pour un client. Leurs interactions ob&#233;issent &#224; des r&#232;gles de m&#233;tier qui d&#233;limitent les responsabilit&#233;s entre gens de m&#233;tier, entre diff&#233;rents m&#233;tiers, et avec des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un r&#233;gime de type industriel, la professionnalit&#233; s'acquiert en formation, en salle de classe et en stage. La responsabilit&#233; du travailleur de base se limite &#224; bien tenir un poste pr&#233;d&#233;fini. L'organisation et la hi&#233;rarchie coordonnent donc la conception et la r&#233;alisation de biens ou de services con&#231;us en s&#233;rie pour un client ou un march&#233; anonyme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Un r&#233;gime coop&#233;ratif en &#233;mergence&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le r&#233;gime du service, l'activit&#233; est orient&#233;e client. Elle est d&#233;pendante d'attentes sp&#233;cifiques auxquelles r&#233;pond une innovation continue. L'organisation collective se reconfigure donc en permanence. Les r&#244;les de chacun sont pr&#233;d&#233;finis au cours d'interactions qui ne se reproduisent jamais &#224; l'identique, ce qui implique une prise de responsabilit&#233; de chacun dans la gestion de ses interfaces. Ce r&#233;gime est donc coop&#233;ratif et la professionnalit&#233;, source de valeur, s'exprime collectivement en situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre de questions d&#233;j&#224; pr&#233;sentes dans les entreprises de services des ann&#233;es 1980, se posent d&#233;sormais &#224; grande &#233;chelle dans les services publics des ann&#233;es 2010 : quel est le r&#244;le de la hi&#233;rarchie ? Faut-il coordonner et contr&#244;ler ou bien aider &#224; coop&#233;rer et faire remonter les probl&#232;mes r&#233;currents ? Comment et par qui les demandes des clients et les probl&#232;mes de la client&#232;le sont-ils connus, traduits et &#171; remont&#233;s &#187; vers la conception de l'offre de services ? C'est pourquoi la conflictualit&#233; qui s'exprime dans les tensions binaires, par exemple entre client et fonctionnaire, ou entre un fonctionnaire et sa hi&#233;rarchie n'est que la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des tensions moins visibles tiraillent les relations entre coll&#232;gues, entre m&#233;tiers, entre les agents de base et leur hi&#233;rarchie, entre ceux qui sont sur le terrain et ceux du back-office, entre les administrations centrales et leurs &#233;chelons interm&#233;diaires. Et ces interactions entre coll&#232;gues et entre m&#233;tiers restent dans un r&#233;gime au mieux de collaboration ou coordination et ne sont pas dans un r&#233;gime de coop&#233;ration. Il est donc essentiel de conna&#238;tre le public et on ne peut que s'&#233;tonner de constater &#224; quel point les connaissances sur les publics, leurs usages et leurs attentes sont fragmentaires et peu &#233;labor&#233;es. Conna&#238;tre le public est aujourd'hui une exigence premi&#232;re de l'activit&#233;. Par exemple s'agissant du service public faut-il reconna&#238;tre les besoins ? Faut-il rendre l'usager prescripteur ? Ou faut-il faire respecter l'autorit&#233; de prescription du service public ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Reconsid&#233;rer l'&#233;valuation&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion est devenue si galvaud&#233;e que l'on ne sait ce qu'elle vise, comp&#233;tence des agents, ce qu'elle veut &#233;clairer (le pass&#233;, le pr&#233;sent, o&#249; le futur), qui elle est cens&#233;e renseigner (pilotage de l'action ?), quelles sont les qualit&#233;s &#224; &#233;valuer, quelles valeurs la sous-tendent : respect des droits, &#233;galit&#233; des chances, coh&#233;sion sociale, d&#233;veloppement soutenable ? Les crit&#232;res d'&#233;valuation doivent &#234;tre enrichis. Les plus courants sont l'efficacit&#233; (rapport entre des r&#233;sultats et des objectifs) et l'efficience (rapport entre les r&#233;sultats et les ressources engag&#233;es pour les obtenir). &#201;valuer l'effectivit&#233; c'est produire des connaissances qui ne permettent pas seulement de rendre compte du bas vers le haut, mais aussi de rendre compte &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion Francis GINSBOURGER insiste sur le fait que les connaissances produites par des &#233;lus ou des experts ne remplaceront jamais la production d'une expertise interne des services publics et de leurs agents, &#224; propos de ce public auquel il s'agit de rendre service. De la m&#234;me fa&#231;on, les &#233;valuations ponctuelles ne remplaceront jamais la pratique quotidienne de l'expression en situation et de la d&#233;lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;En guise de conclusion...&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Val&#233;rie CHATEL insiste sur le fait que la mission essentielle de la DRH est de faire remonter les probl&#232;mes de l'organisation. Il faut donc qu'elle s'attache &#224; &#171; factualiser &#187; les r&#244;les d&#233;crits par Francis GINSBOURGER. Les organisations modernes sont plus complexes, voire plus ambigu&#235;s, notamment en raison de l'existence de plusieurs responsables hi&#233;rarchiques. Il faut donc un ordre, une organisation hi&#233;rarchique facile &#224; comprendre et la grande question reste celle des modalit&#233;s qu'il faut mettre en place pour coop&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Grillon observe que la fonction du m&#233;tier est de permettre &#224; la personne d'exister en personne au travail et de faire du travail son travail. Les agents, notamment des administrations, ne sont pas consid&#233;r&#233;s comme professionnels. Il faut remettre en valeur la qualit&#233; de professionnel et travailler sur les modalit&#233;s selon lesquelles ils participent &#224; la d&#233;finition du besoin de l'usager. Or, comme l'observe Val&#233;rie CHATEL, la demande sociale est infinie, il est donc absolument n&#233;cessaire que les arbitrages soient faits &#224; l'&#233;chelon politique car l'absence de cet arbitrage entra&#238;ne des difficult&#233;s qui se r&#233;percutent dans l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;PR&#201;SENTATION DE L'&#201;TUDE &#171; DANS LA PEAU DES AGENTS TERRITORIAUX &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Intervention de J&#233;r&#244;me GROLLEAU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Grolleau pr&#233;cise qu'il s'agit d'une &#233;tude qualitative et que ce n'est donc pas un sondage pour lequel on interroge un grand nombre de personnes. Un petit nombre de personnes ont &#233;t&#233; interview&#233;es sous la forme d'une discussion visant &#224; explorer les mani&#232;res de ressentir et de penser des individus. Ceux-ci ont &#233;t&#233; questionn&#233;s sur leur parcours, leur m&#233;tier, leur univers de travail, ce qui motive, ce qui d&#233;motive, le management, leur perception des &#233;lus, de la d&#233;centralisation et l'avenir de la fonction publique territoriale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette &#233;tude, on peut tirer trois constats :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1/ Les agents territoriaux donnent un sens fort &#224; leur mission qui fonde leur identit&#233; et leur fiert&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception sans cesse renouvel&#233;e du service public s'explique par 4 notions- clefs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La relation &#224; travers laquelle le service est rendu et le sens de la mission ressenti.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La personne : les agents territoriaux s'occupent d'une personne, ils ne traitent pas un dossier. Cette personne est singuli&#232;re et a une histoire. Ce n'est pas un individu abstrait et anonyme.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le qualitatif : l'&#233;coute, l'attention, le temps pass&#233;, l'empathie, la capacit&#233; &#224; trouver des solutions sont des valeurs professionnelles d&#233;terminantes qui s'opposent &#224; la logique de rentabilit&#233; du priv&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La m&#233;diation qui est la posture centrale. Il ne s'agit pas d'appliquer des r&#232;gles mais de chercher des marges de man&#339;uvre au sein m&#234;me des r&#232;gles. Ce sens est tr&#232;s fort et fait la fiert&#233; des agents territoriaux qui trouvent une reconnaissance de leur travail dans leurs relations avec l'habitant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2/ Une certaine fragilit&#233; de cette situation dans le sens o&#249; les agents &#233;laborent ce discours et ces valeurs &#224; l'&#233;cart du discours institutionnel.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence &#224; une strat&#233;gie politique locale est rare. Il y a peu de lien entre leur travail quotidien et la strat&#233;gie collective port&#233;e par les &#233;lus. Outre cet &#233;cart, les agents d&#233;noncent le syst&#232;me manag&#233;rial qui n'est pas suffisamment en situation de jouer son r&#244;le. Ils notent un d&#233;ficit de r&#233;activit&#233; d&#251; au fait que tout est hyper-centralis&#233;. Les agents se sentent pris dans un syst&#232;me qui ne soutient pas, qui ne dynamise pas leur implication mais qui au contraire cr&#233;e structurellement un risque de d&#233;motivation. Cette paralysie manag&#233;riale se caract&#233;rise par un quadruple d&#233;ficit : outre le d&#233;ficit de r&#233;activit&#233;, un d&#233;ficit de lisibilit&#233; (communication interne...), et&lt;br class='autobr' /&gt;
un d&#233;ficit en m&#234;me temps d'autorit&#233; et de reconnaissance. Le manager n'est pas en mesure de sanctionner positivement comme n&#233;gativement les agents plac&#233;s sous son autorit&#233;. En outre, les supports de reconnaissance sont sap&#233;s, en ce que le r&#233;gime indemnitaire n'ob&#233;it pour eux &#224; aucune r&#232;gle claire et en ce que les abus de certains membres du personnel ne sont pas sanctionn&#233;s, ce qui produit un puissant sentiment d'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3/ A partir de ces constats, quels sont les chantiers &#224; mener &#224; bien dans les ann&#233;es &#224; venir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; D'abord celui de la r&#233;activit&#233;, il faut parvenir &#224; faire bouger les organisations pour qu'elles prennent en compte les remont&#233;es d'information. Il faut aussi simplifier les proc&#233;dures.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Il faut mettre en place une dynamique de projet et redonner aux managers la capacit&#233; d'impulser, de fixer des objectifs et de r&#233;activer le sens que les agents donnent &#224; leur travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Il faut repenser les modalit&#233;s de la reconnaissance, le r&#233;gime indemnitaire certes mais aussi les reconnaissances non mon&#233;taires qui permettent de repositionner le salari&#233; comme un acteur qui contribue &#224; la conception du service public.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Enfin il est n&#233;cessaire de consid&#233;rer que la coop&#233;ration est un &#233;l&#233;ment cl&#233; pour le salari&#233; et pour l'organisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut remettre l'agent au c&#339;ur du dispositif comme acteur &#224; part enti&#232;re, en renfor&#231;ant les liens entre manager et agent par des moments d&#233;-hi&#233;rarchis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, l'enjeu est de construire un mod&#232;le manag&#233;rial de la fonction publique territoriale, tenant compte de l'activit&#233; de service public qui est produite et qui doit se distinguer du secteur priv&#233;. Le travail reste un lieu central dans un projet de r&#233;alisation de soi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les DRH ont-ils peur des r&#233;seaux sociaux ?</title>
		<link>https://www.drh-grandes-collectivites.fr/Les-DRH-ont-ils-peur-des-reseaux-sociaux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.drh-grandes-collectivites.fr/Les-DRH-ont-ils-peur-des-reseaux-sociaux</guid>
		<dc:date>2019-10-01T21:50:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>

		<description>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;A QUOI RESSEMBLERA LE TRAVAIL DEMAIN ?&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Intervention de Sandra ENLART.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions que Sandra ENLART traitera aujourd'hui portent sur la fa&#231;on dont les r&#233;seaux sociaux bouleversent notre fa&#231;on de travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles pratiques de management cela implique-t-il ? Quelles sont les lignes de partage entre vie personnelle et vie professionnelle ? Par exemple, il est vraisemblable que le bureau dans sa forme actuelle dispara&#238;tra et qu'il sera remplac&#233; par des endroits d&#233;di&#233;s avec des espaces format&#233;s pour la d&#233;tente. Le travail deviendra plus cr&#233;atif. Les dipl&#244;mes auront moins d'importance car on s'inscrira dans des logiques de comp&#233;tences. Il faudra donc veiller &#224; apprendre en permanence et d&#233;velopper ses connaissances. Une partie du temps sera employ&#233; &#224; soigner son r&#233;seau (Facebook,&lt;br class='autobr' /&gt;
Twitter) pour y &#234;tre bien rep&#233;r&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les changements essentiels seront les suivants :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ D'abord une explosion de l'information disponible : dans cette masse d'informations, 70% du temps est consacr&#233; &#224; la recherche de l'information, 20% &#224; cibler celle qui nous int&#233;resse et 1% seulement consacr&#233; &#224; sa compr&#233;hension. Ceci repr&#233;sente une charge mentale lourde qui mobilise le cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ L'imm&#233;diatet&#233; et le rapport au temps impactent le monde du travail. La perception de l'attente est en train de changer et il faudra trouver des modalit&#233;s pour donner des r&#233;ponses imm&#233;diates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Le rapport entre le r&#233;el et le virtuel change &#233;galement. Pour toute une g&#233;n&#233;ration, le virtuel influe sur le r&#233;el, il est m&#234;me parfois le r&#233;el (ce qu'on appelle r&#233;alit&#233; augment&#233;e). Il faut donc &#234;tre attentif au type de soci&#233;t&#233; qui est en train de se cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Dans la relation au travail, on va assister &#224; une confusion des temps, des espaces et des positions. Confusion des temps car de plus en plus le salari&#233; essaie d'organiser son temps avec le plus de libert&#233; possible, par exemple en travaillant le soir. Les entreprises qui essaient de formuler des interdictions au bureau sont de plus en plus rares. Confusion des espaces car il n'y aura plus d'espaces &#171; prot&#233;g&#233;s &#187; du travail, il n'y aura plus &#233;galement de lieux d&#233;di&#233;s au travail, ce qu'ont bien compris certaines entreprises de restauration qui favorisent le travail dans leurs &#233;tablissements. Confusion des positions, par exemple un client qui scanne ses achats fait le travail de la caissi&#232;re, de m&#234;me que le client d'une banque en ligne fait le travail du banquier. L'entreprise ne sera donc plus un lieu de travail mais un lieu de ressources. Ce ne sera plus seulement un lieu de subordination, elle allouera des ressources &#224; ses salari&#233;s et elle leur apportera son concours au del&#224; m&#234;me du strict domaine du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ La nature des relations de travail sera aussi modifi&#233;e car on aura beaucoup plus d'informations sur ses coll&#232;gues de travail et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, sur les salari&#233;s de l'entreprise. Concernant les organisations, on aboutira &#224; des &#233;cosyst&#232;mes qui mettront fin &#224; la coexistence actuelle de diff&#233;rentes formes organisationnelles. Les salari&#233;s seront entour&#233;s de free-lance et de sous traitants, avec une logique d'excubation (on incube vers l'ext&#233;rieur pour ne pas augmenter la taille de l'entreprise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, les r&#233;seaux sociaux constituent un potentiel &#233;conomique gigantesque pour faire travailler la foule des abonn&#233;s &#224; ces r&#233;seaux gratuitement. C'est le mod&#232;le de l'open source comme Wikip&#233;dia. Ces modifications organisationnelles auront des cons&#233;quences sur la fa&#231;on de travailler : moins de hi&#233;rarchie et plus de r&#233;gulateurs, pour mettre en relation les collaborateurs et pour veiller &#224; ce que le collectif fonctionne. Le ph&#233;nom&#232;ne de subjectivation du travail va &#234;tre renforc&#233; car celui-ci sera de plus en plus cognitif. On ne pourra plus manager de la m&#234;me fa&#231;on et la&lt;br class='autobr' /&gt;
figure m&#234;me d'autorit&#233; sera remise en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, ces transformations de l'univers du travail sont d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre et si l'on ne s'y pr&#233;pare pas, il y aura des exclus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		

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&lt;a href="https://www.drh-grandes-collectivites.fr/-2013-" rel="directory"&gt;2013 - La DRH face aux grandes mutations du travail&lt;/a&gt;


		</description>
		

 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;A QUOI RESSEMBLERA LE TRAVAIL DEMAIN ?&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Intervention de Sandra ENLART.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions que Sandra ENLART traitera aujourd'hui portent sur la fa&#231;on dont les r&#233;seaux sociaux bouleversent notre fa&#231;on de travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles pratiques de management cela implique-t-il ? Quelles sont les lignes de partage entre vie personnelle et vie professionnelle ? Par exemple, il est vraisemblable que le bureau dans sa forme actuelle dispara&#238;tra et qu'il sera remplac&#233; par des endroits d&#233;di&#233;s avec des espaces format&#233;s pour la d&#233;tente. Le travail deviendra plus cr&#233;atif. Les dipl&#244;mes auront moins d'importance car on s'inscrira dans des logiques de comp&#233;tences. Il faudra donc veiller &#224; apprendre en permanence et d&#233;velopper ses connaissances. Une partie du temps sera employ&#233; &#224; soigner son r&#233;seau (Facebook,&lt;br class='autobr' /&gt;
Twitter) pour y &#234;tre bien rep&#233;r&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les changements essentiels seront les suivants :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ D'abord une explosion de l'information disponible : dans cette masse d'informations, 70% du temps est consacr&#233; &#224; la recherche de l'information, 20% &#224; cibler celle qui nous int&#233;resse et 1% seulement consacr&#233; &#224; sa compr&#233;hension. Ceci repr&#233;sente une charge mentale lourde qui mobilise le cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ L'imm&#233;diatet&#233; et le rapport au temps impactent le monde du travail. La perception de l'attente est en train de changer et il faudra trouver des modalit&#233;s pour donner des r&#233;ponses imm&#233;diates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Le rapport entre le r&#233;el et le virtuel change &#233;galement. Pour toute une g&#233;n&#233;ration, le virtuel influe sur le r&#233;el, il est m&#234;me parfois le r&#233;el (ce qu'on appelle r&#233;alit&#233; augment&#233;e). Il faut donc &#234;tre attentif au type de soci&#233;t&#233; qui est en train de se cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Dans la relation au travail, on va assister &#224; une confusion des temps, des espaces et des positions. Confusion des temps car de plus en plus le salari&#233; essaie d'organiser son temps avec le plus de libert&#233; possible, par exemple en travaillant le soir. Les entreprises qui essaient de formuler des interdictions au bureau sont de plus en plus rares. Confusion des espaces car il n'y aura plus d'espaces &#171; prot&#233;g&#233;s &#187; du travail, il n'y aura plus &#233;galement de lieux d&#233;di&#233;s au travail, ce qu'ont bien compris certaines entreprises de restauration qui favorisent le travail dans leurs &#233;tablissements. Confusion des positions, par exemple un client qui scanne ses achats fait le travail de la caissi&#232;re, de m&#234;me que le client d'une banque en ligne fait le travail du banquier. L'entreprise ne sera donc plus un lieu de travail mais un lieu de ressources. Ce ne sera plus seulement un lieu de subordination, elle allouera des ressources &#224; ses salari&#233;s et elle leur apportera son concours au del&#224; m&#234;me du strict domaine du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ La nature des relations de travail sera aussi modifi&#233;e car on aura beaucoup plus d'informations sur ses coll&#232;gues de travail et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, sur les salari&#233;s de l'entreprise. Concernant les organisations, on aboutira &#224; des &#233;cosyst&#232;mes qui mettront fin &#224; la coexistence actuelle de diff&#233;rentes formes organisationnelles. Les salari&#233;s seront entour&#233;s de free-lance et de sous traitants, avec une logique d'excubation (on incube vers l'ext&#233;rieur pour ne pas augmenter la taille de l'entreprise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, les r&#233;seaux sociaux constituent un potentiel &#233;conomique gigantesque pour faire travailler la foule des abonn&#233;s &#224; ces r&#233;seaux gratuitement. C'est le mod&#232;le de l'open source comme Wikip&#233;dia. Ces modifications organisationnelles auront des cons&#233;quences sur la fa&#231;on de travailler : moins de hi&#233;rarchie et plus de r&#233;gulateurs, pour mettre en relation les collaborateurs et pour veiller &#224; ce que le collectif fonctionne. Le ph&#233;nom&#232;ne de subjectivation du travail va &#234;tre renforc&#233; car celui-ci sera de plus en plus cognitif. On ne pourra plus manager de la m&#234;me fa&#231;on et la&lt;br class='autobr' /&gt;
figure m&#234;me d'autorit&#233; sera remise en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, ces transformations de l'univers du travail sont d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre et si l'on ne s'y pr&#233;pare pas, il y aura des exclus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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